(24/08) Festival Rennes-le-Château : les lauréats 2019 connus

Hier soir, sur le domaine de l’abbé Saunière, avait lieu la remise des prix du 5ème Festival international du film insolite de Rennes le château. Rappelons que 20 courts métrages et 11 documentaires originaires de 13 pays faisaient partie de la sélection officielle.




Le GRAND PRIX DU DOCUMENTAIRE a été attribué à Régine ABADIA pour son film « ENTRE DEUX SEXES ».


Présentation : Pour beaucoup, le monde se partage entre hommes et femmes. Quid des personnes intersexes qui n’entrent dans aucune de ces catégories ? Depuis que Vincent Guillot a découvert, dans sa vie d’adulte, le mot pour se définir – intersexe –, il n’a cessé d’aller au-devant de ses semblables, une quête indispensable à la compréhension de sa personne. L’artiste allemand Ins A Kromminga, lui, a pris conscience de cette différence à l’adolescence. De sexe féminin sur son état civil, son corps a commencé à prendre des caractéristiques masculines à la puberté. Ses dessins évocateurs racontent les traumatismes infligés aux personnes intersexes.



Déterminés et non dénués d’humour, les personnages du documentaire de Régine Abadia se battent pour l’émancipation de leur minorité invisible et meurtrie. Leur problème : la médecine, qui intervient non pas pour soigner mais pour conformer les corps à des normes féminines ou masculines. Ce film avait précédemment été primé au Festival International du Film de Santé de Liège (2018) ainsi qu’au Festival de Cinéma de Douarnenez (2017)


Régine Abadia réalise son premier court-métrage Premier outrage, en 1985. Il reçoit le prix Canal Plus au festival de Villeurbanne. En 1993, elle réalise une œuvre de fiction Les bêtes, d'après une nouvelle d'Alain Dorémieux. Ce film obtient le Grand Prix du festival de science-fiction et de l’imaginaire de Roanne. Depuis 1998, elle réalise des documentaires. En 2012, elle raconte l'histoire de Mohammed Moulessehoul, officier de l'armée algérienne qui écrit sous le pseudonyme composée de deux prénoms féminins Yasmina Khadra. Elle réalise la même année un long documentaire sur Lounès Matoub, chanteur kabyle assassiné en 1998.

Le GRAND PRIX DU COURT METRAGE  a été décerné à NICOLAS BOUCART pour son film « ICARE ».



Présentation : Icare, dès la première scène, nous transporte dans un univers onirique proche du fantastique et son esthétique bien marquée participe à cette atmosphère où le rêve est forcément puissant. L’histoire se passe aux alentours du début du siècle dernier dans une île aux roches escarpées sur laquelle seule une maison est battue par les vents. Splendide prison dans laquelle le jeune Joseph, assisté d’un garçon sourd et muet, s’entraîne avec acharnement sur des machines hallucinantes, est suspendu dans le vide jusqu’à l’évanouissement, goûte les vents contraires et scelle des pactes d’amitié dans les grottes. C’est que le vieux Léonard, pas tendre, ne lésine pas sur les moyens pour transformer son jeune apprenti en oiseau et le gamin, visiblement marqué par une vie terrible sait faire preuve d’endurance et de courage.

Un film sombre et lumineux en forme d’oxymore qui montre de manière magistrale qu’un rêve puissant peut parfois tout détruire sur son passage

Depuis son film de fin d’étude Fernand (2001), Nicolas Boucart peaufine sa formation technique sur le terrain, puis se met rapidement à écrire et à réaliser des courts métrages de fiction (L’Automne, c’est triste en été en 2004, L’Éclusier en 2009 et Icare en 2017).

Ce film qui a la particularité d'être tourné presque intégralement sur l'île de Groix en Bretagne avait précédemment été primé au Brussels Short Film Festival (2018) où il avait reçu le Grand Prix de la compétition nationale.

LE PRIX DU SCENARIO est revenu à ARIANE PAPILLON pour « L’ETRANGERE»



L’intrigue : Dans une communauté fermée dont le fonctionnement s’organise autour de principes tels que la démocratie participative, l’écologie et la tolérance, une femme arrive et sème le désordre. D’abord bien intégrée grâce à ses connaissances en matière d’éducation, elle sera soupçonnée de préparer un complot, entraînant avec elle des adolescents. En effet, dans ce village où tout est filmé partout, tout le temps, pour assurer la sécurité de tous, l’Étrangère semble avoir trouvé le seul angle mort, échappant plusieurs heures par jour aux caméras. Que cache-t-elle ?